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21-04-2009
Nouvel Ordre Mondial : La face cachée du G20
 

«Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde toujours le doigt» 

Dans sa sévérité quelque peu cinglante, ce proverbe chinois résume pourtant bien le déroulement du G20 qui vient de se tenir à Londres et dont on nous annonce qu’un second round aura lieu aux Etats-Unis en septembre prochain. Alors que la conférence de Bretton-Woods de juillet 1944 avait pour enjeu principal la refondation d’un système monétaire international, le G20 de 2009 ambitionne d’aller beaucoup plus loin… 

G20 - Londres 

Une fois encore, force est de constater que l’enfer est souvent pavé des meilleures intentions. Au noble prétexte de s’attaquer à la récession mondiale qui sévit, les grands de ce monde se sont surtout empressés de dénoncer quelques boucs-émissaires faciles, livrés à la vindicte d’une opinion publique mobilisée pour la cause.  

Ainsi, ces trop fameux paradis fiscaux, fichés sur listes grises ou noires, chargés d’opprobre et de tous les fantasmes, seraient donc les grands responsables de la crise économique et financière qui se répand comme une trainée de poudre depuis l’automne 2008. 

Autres «coupables» montrés du doigt : les rémunérations des actionnaires et des dirigeants des grands groupes internationaux, jugées pharaoniques, imméritées et proche de l’indécence par ces temps de vaches maigres. Quant au libéralisme, forcément qualifié d’ultra, il fut consacré à Londres dans son rôle de «grand Satan» d’un système financier mondial, rendu fou par un excès de déréglementation et une défaillance généralisée des systèmes de contrôle.  

Voici donc cloué au pilori de la bonne conscience planétaire, tout ce qui hier encore était admis, voire même encouragé et magnifié par tous les idéologues d’une mondialisation qu’on nous promettait «heureuse», si on en croit Alain MINC, Conseiller politique et économique. 

Une future monnaie mondiale ? 

Plus de régulation pour moraliser le Capitalisme : tel fut le second mot d’ordre de ce G20, avec pour effet immédiat l’augmentation des capacités d’intervention du FMI (1) et le triplement de ses ressources, déjà considérables.  

Une belle promotion en réalité pour cette organisation internationale que son Directeur Général, le socialiste français Dominique STRAUSS KAHN, verrait bien doter d’un statut de super-banquier mondial, ayant la haute main sur les instruments financiers, la distribution du crédit, mais aussi pourquoi pas, sur la création et la gestion d’une future monnaie mondiale dont les Russes et les Chinois ont déjà très sérieusement évoqué l’idée.  

Des moyens, des pouvoirs et un dirigisme accrus aux mains d’une organisation non-gouvernementale échappant à toute légitimité démocratique : Dans quel objectif ? A bien analyser les choses, les non-dits et les zones d’ombre sont encore plus nombreux après le G20. Quant aux peuples à qui l’on a beaucoup promis et beaucoup menti sur cette crise (2), ils ont bien des motifs de se montrer sceptiques et méfiants. 

Car la crise qui nous frappe n’est peut être que le prétexte et le G20 l’instrument d’une gigantesque opération de communication planétaire, visant à obtenir aux forceps notre consentement résigné à nous voir basculer collectivement et irréversiblement dans ce nouvel ordre mondial (3), si cher à Jacques ATTALI (4) et dont le Premier Ministre britannique, Gordon BROWN, a déjà salué l’avènement. Car dans l’esprit de ces gens et de plus en plus ouvertement depuis la fin de la guerre froide et la disparition du bloc soviétique, nouvel ordre mondial rime avec mondialisme. 

Vers un gouvernement mondial 

D’un point de vue historique, l’adhésion de nombreux milieux d’influence en matière financière, économique, politique, mais aussi culturelle et philosophique à l’idéologie mondialiste, ou en d’autres termes, à la concentration de tous les pouvoirs aux mains d’une élite mondiale d’experts et de décideurs, n’est pas un phénomène nouveau. (5) 

Finalement, aussi vieux que l’épisode biblique de la tour de Babel, le mondialisme a pris un nouvel élan au sortir de la seconde guerre mondiale, avec la création de l’ONU, l’internationalisation des échanges, la diffusion accélérée des technologies de communication et le développement des structures à la fois supranationales (comme l’Union Européenne) et non gouvernementales. 

Il tire aujourd’hui un regain de force et de vigueur de son principal argument, selon lequel la résolution optimale des grands problèmes qui se posent globalement au monde (Ex : le maintien de la paix, le réchauffement climatique ou l’actuelle crise économique et financière) rend plus que jamais nécessaire la mise en place d’un gouvernement mondial (appelé aussi gouvernance mondiale, une terminologie plus «soft» sensée faire moins peur aux opinions publiques). 

Mise en place d’une entreprise de domination totale 

D’un point de vue chrétien, très différent de l’image bucolique du «village global» que l’on cherche à nous imposer, le mondialisme apparait surtout comme un constructivisme dangereux qui sous les aspects séduisants d’un discours trompeur, dissimule en réalité une entreprise de domination totale des nations et de mise sous contrôle des peuples, des richesses naturelles et produites, des cultures et des identités.  

Un processus global d’intégration planétaire, d’essence «progressiste», car présenté comme inéluctable et motivé par l’urgence à relever les défis du temps présent. Lequel n’est d’ailleurs pas sans rappeler la conception marxiste du sens de l’Histoire, avec en prime toutes les difficultés que nous aurions à en sortir, si d’aventure le nouvel ordre mondial qu’on nous promet paradisiaque tournait au cauchemar.      

L’illustration du mondialisme comme confort illusoire, fausse liberté mais véritable servitude, on la retrouve un peu dans cette mélopée sirupeuse et envoutante, tirée du tube planétaire Hôtel California (Eagles, 1976), lequel se conclut par cette phrase symboliquement terrible :  

« We are programmed to receive.  
You can check out any time you like, 
But you can never leave » 
  
Ce qui donne en français:
« Nous sommes programmés pour vous accueillir.
Vous pouvez sortir (de l’hôtel) autant qu’il vous plaira,
Mais jamais vous ne pouvez le quitter » 

En effet et comme l’a expliqué la philosophe Hannah ARENDT(6) dans ses écrits, ce qui différencie une simple dictature d’un totalitarisme, c’est le rapport de ce dernier à la violence. Pas forcément «brutale» ni même visible, sa volonté hégémonique viole l’esprit de la Res-Publica (Chose publique) et tente de régir jusqu’à l’intime, l’ensemble des activités et des pensées humaines. Au final, son désir est d’obtenir un «homme nouveau», sans passé ni racines, mais conforme à son idéologie.  

Et une fois devenue normative, cette idéologie rend impossible tout retour en arrière, sauf à être balayé par la manifestation d’une force supérieure, qu’elle soit matérielle (ce qui fut le cas du nazisme, écrasé militairement en 1945) ou de nature morale et spirituelle (on réfléchira ici au rôle déterminant de l’Eglise et des Chrétiens dans l’effondrement du communisme soviétique, tout au long des années 80). 

Les nations, de simples relais d’exécution 

Alors que la conférence de Bretton-Woods de juillet 1944 avait pour enjeu principal la refondation d’un système monétaire international, le G20 de 2009 ambitionne d’aller beaucoup plus loin. C’est pourquoi il s’annonce déjà comme un processus à long terme, devant aboutir dans l’esprit de ses concepteurs à un véritable directoire économique mondial, une «communauté mondiale d’intérêts partagés» reposant sur «une hégémonie de cooptation». (7) 

Pour justifier ce qui se met en place, on nous ressasse que la crise actuelle, par son ampleur, a «ringardisé» non seulement un système, mais aussi les nations, ramenées au rang de simples relais d’exécution de coûteuses politiques keynésiennes de relance décrétées collectivement et au sommet. Dans ce contexte général de mise sous tutelle des économies nationales, les soi-disant divergences d’appréciation entre un Barack OBAMA, qui trouve que l’Europe ne met pas assez d’argent dans la relance et un Nicolas SARKOZY qui plaide pour davantage encore de régulation, ne servent qu’à faire diversion. Depuis le début, la cause semble entendue.  

Mal gérée et surtout mal expliquée à une opinion publique particulièrement désinformée en matière économique, on a laissé la crise américaine dite «des subprimes» dégénérer en collapsus général, une sorte de «11 septembre de la finance» aux effets démultipliés. Plus qu’une crise classique, c’est avant tout une crise de confiance majeure qui s’est installée entre les grandes places financières mondiales, rendant les échanges impossibles. D’où le blocage du système et la «fonte» de quelques emblématiques fusibles de la finance mondiale, tels que Lehman Brothers, Freddie Mac ou Fannie Mae. 

La libre circulation de l’argent étant à la fois la condition et le carburant de nos économies mondialisées et interdépendantes, l’occasion était ainsi donnée aux dirigeants des pays les plus exposés (principalement les USA et l’Europe occidentale) d’intervenir «à chaud» et de réclamer une nouvelle régulation du système, au nom même du sauvetage et de la moralisation du Capitalisme. L’opération G20 est donc lancée avec l’appui d’un renfort de poids: l’entrée en fonction du nouveau président américain dont le monde attend qu’il fasse, ni plus ni moins, des miracles. 

Habilement élargi à 20 membres pour tenir compte et impliquer les économies émergentes, le noyau dur, réellement décisionnel du sommet de Londres, demeure bien celui de l’ancien G8, c'est-à-dire (exception faite de la Chine) celui du club très fermé des pays les plus riches de la planète. Il est vrai qu’entre leurs mains réside le vrai pouvoir de décision, pouvoir encore accru par l’appartenance ou la grande proximité de leurs dirigeants avec les cénacles mondialistes les plus influents et les plus secrets (8) du monde de la finance, de la politique, des médias et des affaires. 

Sous la houlette d’un Fonds Monétaire International doté de pouvoirs accrus, la véritable mission du G20 est donc bien de concilier la poursuite du libre-échangisme économique avec la mise en oeuvre d’un dirigisme monétaire et financier à l’échelle mondiale. Avec peut être demain, si les énormes plans de relance ne suffisent pas à endiguer la crise, la nationalisation générale du système bancaire et financier et sa concentration aux mains du FMI et de la Banque Mondiale, qui deviendront alors les régulateurs tout puissants d’une économie mondiale sous tutelle. 

Ebauche d’un gouvernement mondial 

Les conditions psychologiques et les institutions d’une future «gouvernance économique mondiale» seront alors en place pour justifier de passer dès que possible à l’étape ultime : la transformation du G20 en autorité permanente, gouvernementale et exécutive.  

G20 - Londres 

A travers une telle perspective qui apparait de moins en moins comme utopique, on imagine ce que pourrait être demain l’ébauche d’un gouvernement mondial : 

  • une super-conférence permanente des chefs d’Etat et de gouvernement (l’actuel G20 sous des configurations évolutives et variables selon les circonstances)
  • des organes de régulation et de contrôle tout puissants (FMI, Banque Mondiale, Organisation Mondiale du Commerce) ayant la haute main sur les flux monétaires, financiers, la distribution du crédit et le commerce international)
  • une organisation armée, sorte de «police internationale», vraisemblablement placée sous le contrôle de l’ONU et chargée de faire régner et appliquer le nouvel ordre mondial, notamment à l’égard des Etats qui se montreraient réticents ou non coopératifs. Pour remplir cette fonction régalienne, il n’est pas interdit de penser à l’OTAN, qui s’est réuni étrangement et en grande pompe, dans la foulée du G20…  

Si un tel schéma venait à prendre corps, il en serait alors fini du monde que nous connaissons, basé sur l’indépendance des nations, la souveraineté des Etats, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le respect de la diversité des hommes, des cultures et des identités. Par son orgueil incurable et monstrueux, l’Homme aura ainsi réussi à reconstruire l’antique Babel, sous une forme certes plus sophistiquée mais avec toujours la folle illusion de pouvoir se passer de Dieu.  

Une fois encore, l’alternative à la crise qui nous frappe, ne peut que puiser sa source et trouver sa juste inspiration dans les valeurs chrétiennes, qui fondent depuis deux millénaires le terreau fertile de notre civilisation commune. Parce qu’il est d’essence purement matérialiste et collectiviste, mais aussi parce qu’il nie toute transcendance, le mondialisme ne peut être la bonne réponse à nos problèmes. 

Quelle alternative au gouvernement mondial ? 

Si les chrétiens ne peuvent par définition se désintéresser de la marche du monde et de sa bonne gestion, ils ne sauraient davantage se résigner, sans rien faire, à entériner les fausses solutions qui se concoctent actuellement dans le plus grand secret. Face à la survenance de nouveaux défis mondiaux dont la résolution optimale outrepasse le cadre strictement national, nous devons travailler à l’unité du monde sans pour autant délaisser le service de nos patries respectives. 

C’est à ce constat que nous invitait déjà en 1963 le Pape Jean XXIII dans son encyclique «Mater et Magistra» par ces termes : (…) «car prises isolément, les communautés politiques ne sont plus à même de résoudre convenablement leurs plus grands problèmes par elles mêmes». Patriotes sans être nationalistes, universalistes sans être mondialistes : tel pourrait être en résumé le sens possible de l’action des chrétiens dans le monde. 

D’un point de vue pratique, il nous appartient de formuler quelques pistes de réflexion, inspirées par le bon sens chrétien et la recherche du bien commun. Guidé par un triple souci d’équité, de transparence et de pratique d’une subsidiarité bien comprise, je vous invite à réfléchir aux propositions suivantes :  

A propos d’équité : la moralisation du système financier international ne peut s’accommoder des situations de pénurie et de pauvreté qui persistent et s’aggravent dans le monde. Tout en assouplissant les règles de fonctionnement de l’OMC, il faudrait travailler à mettre en place une fiscalité éthique, encourageant les investissements humainement et socialement utiles au développement. De même, il deviendrait urgent de proclamer le droit de tout peuple à sa souveraineté alimentaire. Il serait enfin du devoir matériel et moral des Etats de lutter contre les gaspillages d’argent public et d’accélérer le désendettement de leurs comptes, ce qui aurait l’avantage de remettre en circulation de nombreux actifs financiers sans création monétaire supplémentaire et donc, sans risque inflationniste.     

A propos de subsidiarité : il serait souhaitable de ne laisser aux organisations, conférences et sommets internationaux, le soin de trancher les seules questions qui n’auraient pu l’être par le jeu normal des relations diplomatiques et commerciales bilatérales entre Etats. En matière de commerce international, il conviendrait de permettre aux nations confrontées à des situations d’urgence économique et qui en feraient la demande, de déroger en tout ou partie aux règles communes. Dans le même esprit, il faudrait mettre un terme au protectionnisme déguisé, qui permet bien souvent aux pays riches de fermer leurs frontières aux exportations des pays les plus pauvres, notamment ceux d’Afrique. Il faudrait enfin développer davantage les instances internationales de médiation et d’arbitrage, au détriment des procédures coercitives.   

A propos de transparence : l’actuel G20 en est l’illustration : il faut en finir avec la culture du secret et de l’opacité. Nous ne devons plus accepter que le destin de millions d’hommes et de femmes soit scellé dans la discrétion aseptisée des grands sommets internationaux, et nous ne devons plus nous contenter des communiqués officiels «langue de bois», bien souvent d’ailleurs rédigés d’avance. Une démocratie digne de ce nom commande que les peuples et leurs représentants soient associés au plus près des décisions et des engagements internationaux d’ailleurs pris en leurs noms. Mais pour cela, encore faut-il qu’ils soient correctement informés. 

  • Ainsi, avant toute élection décisive engageant les grandes orientations de la Nation (présidentielle, législatives et maintenant, européennes) et comme cela s’est fait en 2007 avec le pacte écologique présenté par Nicolas HULOT, les différents candidats devraient publiquement s’engager sur un code moral et éthique, comprenant notamment l’obligation de servir prioritairement les intérêts matériels et moraux de leur pays et de leurs électeurs, sans allégeance aux mots d’ordre des groupes d’influence supranationaux, plus ou moins occultes et dépourvus de toute légitimité démocratique.
  • Informer les citoyens de façon claire, objective et non polémique de l’existence de ces groupes mondiaux d’influence. Car c’est la culture du secret qui crée la suspicion et non l’inverse !
  • Imposer la publicité intégrale de leurs réunions et de leurs débats. Ne plus se satisfaire d’une information superficielle et tronquée, comme cela se pratique à Davos où se réunit pourtant l’élite des décideurs mondiaux.
  • Obliger enfin (comme cela se fait déjà en matière de patrimoine) les élus, les hauts fonctionnaires, les responsables syndicaux, les patrons de presse et de médias, les chefs et cadres dirigeants des grandes entreprises, à déclarer publiquement leur éventuelle appartenance à l’une ou plusieurs de ces organisations d’influence, ou leur participation à leurs travaux.  

En matière de vie internationale comme de politique intérieure, changer la nation passe d’abord et avant tout, par le changement des cœurs !  

Jean-Philippe WAGNER
Conseiller Régional de Lorraine
Conseiller National du PRC  

 

NOTES : 

(1) Fonds Monétaire International, dont le siège est à Washington et la direction traditionnellement confiée à un Européen (la Banque Mondiale étant elle réservée à un Américain) 

(2) Notamment aux Français, à qui on vient de refaire le coup du  nuage de Tchernobyl s’arrêtant miraculeusement à nos frontières … à propos de cette crise qui n’était que spécifiquement américaine et qui, parole d’experts, ne concernerait  jamais l’Europe et  encore moins la France... ! 

(3) la paternité de l’expression «nouvel ordre mondial»  revient, semble-t-il, au Président américain George BUSH senior, au lendemain de sa victoire sur Saddam HUSSEIN lors de la première guerre du Golfe en 1991 

(4) «après la mise en place d’institutions continentales européennes apparaitra peut être l’urgente nécessité d’un gouvernement mondial» (Jacques ATTALI – Dictionnaire du XXIème siècle) 

(5) Dès 1903, l’écrivain H.G WELLS déclarait déjà que «notre véritable Etat doit être dès maintenant l’Etat fédéral mondial car notre vraie nationalité est le genre humain» 

(6) «Les origines du totalitarisme - tome 3 : le système totalitaire» (1951) 

(7) Zbigniew BRZEZINSKI – «le vrai choix» aux éditions Odile Jacob (2004) 

(8) En particulier le CFR américain (Council on Foreign Office), son émanation britannique, le RIIA (Royal Institute of International Affairs), la commission Trilatérale et le groupe de Bilberberg – voir sur ce sujet hélas trop méconnu l’ouvrage passionnant de Michael GAMA «Rencontres au sommet : quand les hommes de pouvoir se réunissent» - éditions de l’Altiplano (2007)  

 
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